Histoires de sportifs

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Jessica Hardy : un complément contaminé lui a coûté les JO

Qualifiée pour quatre épreuves des JO 2008, Jessica Hardy est contrôlée positive à cause d'un complément alimentaire contaminé. Le prouver n'a pas suffi.

Varsity Stack Team
Jessica Hardy : un complément contaminé lui a coûté les JO

Jessica Hardy avait déjà décroché sa place dans l'équipe olympique. C'est ce qui rend son histoire si difficile à lire.

Début juillet 2008, elle nage aux sélections olympiques américaines, à Omaha, et se qualifie pour les Jeux de Pékin dans quatre épreuves : le 50 mètres nage libre, le 100 mètres brasse, le relais 4x100 mètres nage libre et le relais 4x100 mètres quatre nages. [1]

Trois semaines plus tard, elle était chez elle, devant son écran.

Quatre jours avant le vol

Hardy est contrôlée trois fois pendant les sélections, les 1er, 4 et 6 juillet. L'échantillon du 4 juillet revient positif au clenbutérol, une substance interdite, et son échantillon B le confirme. [1]

Elle apprend la nouvelle le 21 juillet, lors d'un stage de USA Swimming organisé avant les Jeux. Son vol pour Pékin était réservé pour le 25 juillet. Au lieu de le prendre, elle reste chez elle et se retire de l'équipe olympique américaine. [1]

Hardy a affirmé n'avoir jamais pris de clenbutérol en connaissance de cause. Elle avait raison, et il a fallu attendre 2010 pour que la question soit tranchée.

Le clenbutérol était dans son complément

L'affaire s'est jouée sur les compléments alimentaires qu'elle utilisait. La formation arbitrale a établi que l'Arginine Extreme d'AdvoCare qu'elle avait prise avant le contrôle du 4 juillet contenait du clenbutérol. [1]

Deux éléments comptent davantage que le nom de la marque.

Le clenbutérol n'était pas imprimé sur l'étiquette. La formation l'a dit clairement et y a vu un motif de réduction de sa sanction. [1] Hardy n'a pas survolé une liste d'ingrédients en ratant quelque chose. La substance qui lui a coûté son été n'a jamais figuré sur la liste.

Elle prenait par ailleurs ce même produit depuis au moins huit mois. Rien n'avait jamais paru anormal.

Elle a fait ce que l'on demande aux sportifs

Il ne s'agissait pas d'une poudre mystérieuse achetée sur un site inconnu. Avant de prendre ces compléments, a constaté la formation, Hardy avait : [1]

  • Parlé directement à l'entreprise de la pureté de ses produits.
  • Acheté les produits directement auprès de cette entreprise, avec laquelle elle était sous contrat, et non auprès d'un vendeur inconnu.
  • Reçu l'assurance que les produits étaient analysés quant à leur pureté par une société extérieure, même si le site de l'entreprise ne le confirmait que pour un seul produit.
  • Interrogé l'encadrement de la natation au sujet des produits, notamment la nutritionniste de l'équipe, son entraîneur et le psychologue du sport de l'USOC, le comité olympique américain.
  • Utilisé les mêmes compléments pendant au moins huit mois.
  • Rien vu sur l'emballage qui, selon la formation, aurait dû l'inquiéter.

La formation a qualifié l'ensemble de « véritablement exceptionnel » et a relevé qu'aucune des affaires antérieures qu'elle avait examinées ne présentait la même série de faits. [1]

Regardez maintenant ce qu'un sportif prudent pouvait réellement faire en 2008. Interroger l'entreprise. Interroger son encadrement. Lire l'étiquette. Hardy a fait les trois. Aucune de ces démarches ne peut vous dire ce qu'il y a vraiment dans le pot.

Le prouver a aidé. Cela ne lui a pas rendu Pékin.

Démontrer que le complément était contaminé n'a pas effacé la violation.

La formation n'a pas cru que Hardy cherchait à tricher ou à améliorer ses performances. Elle a tout de même retenu une négligence, parce que la nageuse avait utilisé un complément en sachant que la contamination était un risque. Sa situation a eu pour effet de rendre cette négligence légère plutôt que grave, ce qui a permis à la formation de réduire la sanction habituelle. [1]

Elle a été suspendue un an, du 1er août 2008 au 31 juillet 2009. [1]

L'AMA (Agence mondiale antidopage, WADA en anglais) a fait appel et demandé deux ans. Le 21 mai 2010, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rejeté l'appel et maintenu la suspension d'un an. [2]

C'est à peu près la meilleure issue qu'un sportif puisse obtenir dans une affaire de dopage. Elle a quand même manqué les Jeux de 2008. Une audience peut établir comment une substance est entrée dans votre organisme et elle peut raccourcir une suspension. Elle ne peut pas déplacer une compétition.

C'est ce que les sportifs ne voient pas. Le vrai coût, en général, ce n'est pas la durée de la suspension. C'est tout ce qui tombe dedans : un championnat de conférence, un championnat NCAA, un contrat, des sélections, des Jeux qui ne reviennent que tous les quatre ans.

Près de vingt ans plus tard, rien n'a changé

Le rayon des compléments n'a plus le même visage. Le risque, si.

La NCAA, l'instance du sport universitaire américain, le dit directement aux sportifs : [3]

  • Il n'existe aucun complément alimentaire approuvé par la NCAA.
  • Les vitamines et les minéraux peuvent eux aussi provoquer un contrôle antidopage positif.
  • Les compléments peuvent contenir des substances interdites qui ne figurent pas sur l'étiquette.
  • Des sportifs ont perdu leur droit de concourir après avoir pris des compléments.

Dans une équipe universitaire, l'espace de ravitaillement géré par l'encadrement pose rarement problème. Chaque produit qui s'y trouve a été choisi à dessein. Le problème, c'est tout le reste : un flacon acheté au supermarché, un nouveau pre-workout commandé en ligne, un produit dont un coéquipier dit le plus grand bien, un nouvel arôme, un pot reformulé, un produit arrivé par un contrat de sponsoring personnel (les accords NIL du sport universitaire américain), un complément commencé pendant les vacances et dont personne n'a parlé.

La question difficile n'est donc pas seulement de savoir quels ingrédients sont interdits. Elle est plus simple. Dans trois mois, quelqu'un pourra-t-il dire exactement quel produit et quel lot un sportif prenait ? Pour la plupart des équipes, non.

Ce qui réduit réellement le risque

Si un sportif compte utiliser des compléments, la certification indépendante est l'outil le plus solide dont il dispose. C'est le seul moyen courant de faire analyser un produit fini par quelqu'un d'autre que l'entreprise qui le vend. NSF Certified for Sport analyse les lots de production et référence les produits certifiés que vous pouvez rechercher. Informed Sport analyse chaque lot certifié avant sa mise en vente. BSCG Certified Drug Free analyse les lots finis au regard d'une liste qui va au-delà de celle de l'AMA. [4][5][6]

Repérer un logo, ce n'est pas vérifier un produit. L'USADA, l'agence antidopage américaine, avertit que ces marques font l'objet d'usages abusifs et demande de confirmer le produit exact, ainsi que le lot lorsqu'un programme publie les lots, dans la base de données du programme lui-même. L'USADA est tout aussi claire sur un point : la certification réduit le risque sans l'effacer. [7]

Voilà l'objectif honnête. Ne pas prétendre qu'on peut rendre les compléments sans risque. Simplement rendre une erreur évitable beaucoup plus difficile à commettre.

Comment Varsity Stack aide

Varsity Stack donne aux sportifs et à l'encadrement une procédure commune pour les décisions sur les compléments, et elle intervient avant que quiconque ne prenne le produit.

Un sportif scanne ou soumet le produit exact auquel il pense. Varsity Stack rassemble les informations dont elle dispose sur ses ingrédients et sa certification, y compris sa présence ou non dans un programme de certification, et les transmet au bon membre de l'encadrement, qui peut l'approuver, le refuser, le signaler ou suggérer autre chose.

Un examen des compléments en quatre étapes : examen de l'étiquette, puis vérification de la certification, puis validation par l'encadrement, puis utilisation par le sportif

Ce que la structure obtient au final, c'est le dossier qu'elle a toujours voulu avoir :

  • Le produit exact soumis par un sportif, marque et formule.
  • Les ingrédients déclarés, et tout ce qui peut y poser question.
  • Le fait que le produit porte ou non une véritable certification indépendante.
  • Les décisions de l'encadrement, ses notes et les alternatives suggérées.
  • Ce que les sportifs disent prendre réellement, y compris ce qu'ils ont acheté de leur côté.

Au lieu de « je crois que quelqu'un a dit que celui-là, ça allait », vous avez le produit, les informations de certification, la personne qui l'a examiné et la décision qu'elle a prise.

Il est tout aussi important de dire ce que cela n'aurait pas fait. Varsity Stack n'analyse pas les compléments en laboratoire. Dans une affaire comme celle de Hardy, où une trace de substance interdite était absente de l'étiquette comme de toute donnée d'analyse publiée, aucune application ne peut voir à l'intérieur du flacon. Ce que Varsity Stack réduit, c'est le risque visible avant la première prise : produits absents des bases de données de certification, formules non vérifiées, achats non contrôlés et décisions non documentées. Elle ne peut pas promettre qu'un produit contient uniquement ce qu'indique son étiquette.

Ce que son affaire laisse derrière elle

Hardy est revenue. En 2012, elle a de nouveau décroché sa sélection olympique et a quitté Londres avec l'or du relais 4x100 mètres quatre nages et le bronze du relais 4x100 mètres nage libre. [8]

Londres n'a pas remplacé Pékin. Sa place dans l'équipe de 2008, elle, était perdue pour de bon.

Un complément n'a pas besoin d'avoir l'air dangereux pour présenter un risque. Une substance interdite n'a pas besoin de figurer sur l'étiquette pour se retrouver dans votre échantillon. Et prouver la contamination après coup ne vous rend pas la compétition manquée pendant que tout le monde démêlait l'affaire.

Le moment de vérifier un produit, c'est avant la première prise, pas après un contrôle positif.

Téléchargez Varsity Stack pour vérifier et suivre les produits que vous prenez réellement, ou demandez un accès pour votre structure.


Cet article a une visée exclusivement éducative. Consultez un professionnel de santé qualifié, un diététicien diplômé ou le responsable de la conformité de votre structure sportive avant de commencer toute supplémentation. Pour toute question sur les règles d'une instance dirigeante précise, adressez-vous à votre responsable de la conformité.

Sources

  1. Court of Arbitration for Sport, CAS 2009/A/1870 World Anti Doping Agency v. Jessica Hardy and USADA, Arbitral Award, May 21, 2010 : usada.org
  2. World Anti Doping Agency, Case Law, CAS, WADA v. Hardy and USADA : wada-ama.org
  3. NCAA, FAQs About NCAA Banned Substances and Medical Exceptions Procedures : ncaa.org
  4. NSF Certified for Sport, Certified Products and Program Information : nsfsport.com
  5. Informed Sport, Sports Supplements Certification : sport.wetestyoutrust.com
  6. BSCG, Certified Drug Free Program : bscg.org
  7. USADA, Supplement Connect, Reduce Your Risk : usada.org
  8. Team USA, Jessica Hardy Athlete Profile : teamusa.com

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